Que dire du bonheur ? Rien. Je ne vais pas vous raconter mon sourire niais ? Ca ne se raconte pas un sourire, surtout niais ! Je ne vais pas vous retranscrire les adorables bêtises qu'on se débite à longueur de nuits, ni décrire sa façon de replacer mes mèches derrière mon oreille, la douceur de sa joue contre la mienne, et son regard plongé dans le mien... Vous voyez, je tombe très vite dans les mauvais clichés. Joue contre joue, yeux dans les yeux, mains dans la main... Ce qu'on est con quand on aime ! Ce qu'on est niaiseux, mielleux, fleur bleue, inactif, improductif, égoïste, aveugle et sourd ! Je promène ma tête d'autiste heureuse dans les rues de Paris, sans me préoccuper le moins du monde d'effrayer ou non mon entourage qui n'existe plus, ou les passants que je ne vois même pas.
[Lolita Pille Hell]
Jeannot, tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.
[Marc Levy Les enfants de la liberté]
Au début, tu as toujours l'image devant les yeux mais elle s'éloigne
petit à petit. Puis un matin, tu te réveilles, tu vois ta vie devant
toi. Puis il y a cette image en plein milieu. Et elle est belle
dans le paysage. Ca s'appelle un souvenir...
[Un indien dans la ville]
Le hall, la réception, la porte, je suis dehors. Personne. Je cherche un taxi. Pas de taxi. L'aube est glacéeMon portable sonne. J'ai un message. Que peut bien me vouloir Gabrielle à cette heure-ci ? Uneangoisse sourde m'étreint la gorge. Mes doigts engourdis par le froid ne parviennent pas à appuyer sur cette putain de touche. Le message défile enfin. Une phrase. Une seule. Je la lis. Je la relis. J'ai troppleuré, je ne peux plus. Je m'effondre. Place Vendôme à sept heures du matin. Une fille à genoux quimord sa main ensanglantée. Et qui hurle. Qui hurle une plainte incohérente. Comme si le désespoir avaitpris forme. La forme d'un cri. Je crie la fin d'un rêve, je cris la fin du monde. Je crie la fin de l'hommeque j'aime et qui s'est planté comme un con, en sortant de boîte, dans sa caisse à cinq mille balles qui n'amême pas été foutue de le préserver. Mort sur le coup. Mort. Je crie l'atroce réalité de cette vie demerde qui donne, et qui reprend. Je crie ce qu'on a vécu, ce qu'on aurait pu vivre encore. Je crie ce qu'ilest. Etait. Ce qu'il aurait pu devenir. Je crie ma détresse, ma douleur, mon amour, mon amour, mon amour...
[Lolita Pille Hell]
Et l'Eurostar lui fila entre les doigts...
Et elle se mit à pleurer, cette grosse bécasse.
Et l'on ne voyait plus qu'un petit point gris au loin...
Son portable sonna.
- C'est moi.
- Je sais, ça s'affiche.
- Je suis sûr que t'es en plein dans une scène hyper romantique, là... Je suis sûr que t'es toute seule au bout du quai, comme dans un film, entrain de pleurer ton amour perdu dans un nuage de fumée blanche...
Elle pleurait de sourire.
- Pas... Pas du tout, réussit elle à répondre, je... j'étais justement entrain de sortir de la gare...
"Menteuse" fit une voix dans son dos.
Elle lui tomba dans les bras et le serra fort fort fort.
Jusqu'à ce que ça craque.
Elle pleurait.
[Anna Gavalda Ensemble, c'est tout]
« Mary, depuis le jour où Lisa est arrivée dans notre vie j'ai compris chaque matin en me levant, à chacun de tes souffles quand je te regarde dormir, chaque fois que ton regard croise le mien ou que ta main est au creux de la mienne comme maintenant, pourquoi et à quel point je t'aime. Et de toutes ces forces que tu m'as données, de tes combats, de tes sourires, de tous tes doutes que tu dépassais, de tous les miens que tu effaçais de tes confiances, de tes partages, de tes patiences, et puis de toutes ces journées passées ensemble, l'un près de l'autre, tu m'a inventé de plus beau cadeau du monde : combien d'hommes pourront connaître cet incroyable privilège que d'aimer et d'être aimé autant ? »
[Marc Levy Où es-tu?]